Un Mexique cauchemardesque

Petite française expatriée au Mexique où elle menait une  vie tranquille, Florence Cassez y est emprisonnée depuis décembre 2005. Elle a été condamnée, en appel, à 60 ans de prison. Elle est au coeur d’un livre qui vient de paraître, « Peines Mexicaines », aux Editions First

LES FAITS

La justice mexicaine reproche à Florence Cassez d’avoir été à la tête d’un gang de kidnappeurs. Ce genre de malfaiteurs court les rues des grandes villes mexicaines. La population est excédée et considère que ceux qui tombent entre les mains de la police doivent payer cher. Florence Cassez n’échappe pas à cette règle. L’opinion publique mexicaine a donc très mal réagi quand le président Sarkozy et la diplomatie française ont tenté d’obtenir son transfèrement en France pour y purger sa peine. Felipe Calderon a fini par envoyer ballader tout le monde.

LA POLEMIQUE

Si Nicolas Sarkozy a tenté de plaider la cause de Florence Cassez, c’est que celle-ci se dit victime d’une machination policière destinée à apaiser la colère de l’opinion publique mexicaine. Soutenue par sa famille, par des avocats et aujourd’hui par deux journalistes français, Alain Devalpo et Anne Vigna, auteurs du livre « Peines mexicaines, Florence Cassez affirme être totalement étrangère à cette affaire, victime de multiples faux témoignages montés par des policiers et des politiques arrivés, pour son malheur, au sommet de l’état mexicain.

LE LIVRE

Alain Devalpo, journaliste chevronné, bourlingueur devant l’éternel et Anne Vigna correspondante du Figaro au Mexique, ont joint leur force pour recouper les informations, accumuler les documents et les interview. Ils ont voulu replacer l’affaire Florence Cassez dans son contexte politique. C’est à dire dans le cadre d’un pays où les droits de l’homme sont constamment bafoués, où la police, la justice, les politiques sont corrompus. Des exemples terrifiants sont fournis, comme celui de Don Arnulfo Pacheco. Cet homme, tétraplégique, souffrant d’une maladie dégénérative, est arrêté lors d’une opération de police. Son incapacité à se lever, à répondre aux injonctions des policiers lui valent des coups. Comme il tombe hors du camion dans lequel on l’a jeté, il est accusé de tentative de fuite. Puis la justice l’inculpe. Il restera presque deux mois en cellule, privé de soins. Arnulfo Pacheco est  une victime emblématique de la répression policière, dans un Mexique aux prises avec des cartels innombrables, des mafias tentaculaires, des narcotrafiquants richissimes.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Alain Devalpo et Anne Vigna ont échappé au seul prisme de l’affaire franco-française. Ils ont le mérité d’avoir cherché à élargir le champ aux affaires mexicaines. L’Affaire Florence Cassez n’est pas réduite au martyre d’une petite expatriée victime des méchants mexicains. C’est tout le Mexique qui souffre. Pour ce faire, les auteurs font alterner les chapitres consacrés à leur principale héroïne et d’autres où ils évoquent les grandes affaires de la politique mexicaine de ces dernières années : les évènements d’Atenco, la candidature malheureuse d’Andres Manuel Lopez Obrador à la Présidence de la République. C’est là que réside le défaut de cet ouvrage. On en arrive à être parfois désorienté, tant on passe d’une affaire à l’autre sans qu’il y ait de lien entre elles autre que le pays dans lequel ces évènements se déroulent. Malgré tout, l’Affaire Florence Cassez est décortiquée de manière méticuleuse et convaincante. Et la lecture est souvent………captivante.

« Florence Cassez, Jacinta, Ignacio et les Autres. Peines Mexicaines. Alain Devalpo et Anne Vigna.367 pages. First Documents

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2 réponses à “Un Mexique cauchemardesque

  1. c bizarre dès que l’on est coffré on devient inoccent. Cela dit
    je ne vois pas trop ce que mexico aurait à gagner dans un tel imbroglio. Si tu peux eclairer ma lanterne. …

  2. Tout le monde sait que le Mexique à une des justices les plus corrompues au monde. Les barons de la drogue et les cartels dirigent ce pays, qui compte chaque jour des dizaines de morts dues au trafic de drogue. Le procès fantoche qu’elle a eu est une blague. Aucune présomption d’innocence, aucune instruction valable, aucun procès équitable. Juste une mise en scène et une condamnation pour faire plaisir à une population qui réclame légitimement l’arret des violences.

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