Payer plus pour manger moins

Les autorités philippines multiplient les achats de riz. Elles en sont déjà à leur troisième appel d’offre pour un total de 1,8 millions de tonnes. Le ministre de l’agriculture philippin, M. Yap n’a pas exclu que le scénario de 2008 se reproduise. C’est à dire l’explosion des prix du riz sur le marché mondial forçant les consommateurs les plus modestes, ceux des pays africains, à se serrer la ceinture. Yap n’est peut-être pas très loin de la vérité. Non seulement parce que son pays, par ses achats massifs, contribue à la hausse des cours. Mais aussi parce qu’à l’avenir, manger coûtera plus cher.

C’est la thèse soutenue par les analystes de la banque « Standard Chartered ». Dans un rapport d’une quarantaine de pages « The end of cheap food »,  publié courant octobre 2009, ceux-ci relèvent que les prix moyens de l’alimentation, à une échelle planétaire, ont augmenté de 80% depuis les niveaux les plus bas de la mi-2002. C’est selon les auteurs du rapport « le démarrage d’une tendance à long terme de hausse des prix, à cause des coûts croissant de la production agricole et de l’inexorable augmentation de la demande pour les matières premières alimentaires ».

Selon les experts de la Standard Chartered, les besoins alimentaires conduiront à des situation très inégales selon les régions. Certaines resteront excédentaires, d’autres seront de plus en plus déficitaires. Le Moyen Orient et l’Afrique du Nord dépendent déjà beaucoup des importations, en grande partie par manque d’eau. Or, 1 tonne de céréales, c’est 1000 tonnes d’eau. L’agriculture utilise 70% des ressources en eau douce de la planète. Les pays asiatiques sont en train de perdre leur indépendance alimentaire. Ces évolutions provoqueront inévitablement de fortes tensions internationales et internes, des politiques protectionnistes, des investissements internationaux pour acheter des terres là où elles sont disponibles. On verra de plus en plus d’investisseurs chinois en Afrique. Contrairement à bien des idées reçues, l’Afrique a de l’eau et des terres disponibles ! Ne manquent que les investissements. C’est un paradoxe vu la situation actuelle. Mais le salut alimentaire de la planète viendra pour une bone part des grandes plaines africaines !




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