Le riz ogm chinois, suite

Comme je vous le disais hier soir, les autorités chinoises ont donné leur feu vert à la mise sur le marché d’un riz ogm. Ce n’est pas pour tout de suite. Il faudra attendre 3 ans environ. D’ici là, des essais grandeur nature seront faits. L’information provient de l’agence Reuters. Ce sera le cinquième produit ogm chinois après la papaye, le coton, les tomates et dernier en date, le maïs qui a obtenu une autorisation il y a quelques jours.

Mais revenons au riz. Selon les informations glanées par Reuters, cette nouvelle variété devrait permettre de réduire l’utilisation de pesticides de 80% et d’augmenter les rendements de 8%.

C’est la question des rendements qui m’intéresse. La Chine produit en ce moment environ 60 millions de tonnes de riz par an. Elle en exporte une part ridicule, pas plus de 600 000 tonnes les bonnes années. Et il lui arrive maintenant de devoir en importer. Cette évolution est emblématique des tensions sur le marché mondial du riz. On consomme de plus en plus de riz et la production ne suit pas la cadence. Les stocks mondiaux sont, selon ce qu’on peut savoir, à leur plus bas niveau depuis trente ans. En Asie, les surfaces agricoles consacrées au riz sont en train de fondre. Selon l’IRRI, Institut International de Recherche sur le Riz, 1300 chercheurs s’il vous plait, les rendements mondiaux sont en baisse. Or, toujours selon l’IRRI, pour répondre à la hausse de la demande, il faudra produire 10 millions de tonnes de plus par an dans les 20 ans à venir. Faute de quoi, on court  à la catastrophe. Il y a bien sûr une solution : c’est de transformer l’Afrique en grenier à riz du monde. De nombreux pays arabes ou asiatiques, la Chine, s’y emploient. Mais cela prendra du temps. Et il faudra nourrir les Africains en priorité.

Conclusion : si le riz ogm chinois participe de la hausse de la production mondiale et contribue à réduire le fossé entre offre et demande, tant mieux. Mais ce n’est pas la seule piste. A l’IRRI, comme à l’ADRAO, le centre de recherche africain, on travaille sur des riz hybrides, des croisements de variétés. Tous ces efforts sont nécessaires.

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Une réponse à “Le riz ogm chinois, suite

  1. j’entends bien ces prises de position,mais concernant les productions OGM,ne
    faut il pas étudier le problème sous l’angle
    de la dépendance au fournisseur de semences
    (en général Mosanto)
    de l’accroissement à moyen terme des maladies
    végétales,amplifiant la dépendance financière u semencier;vecteur de pathologies nouvelles
    nécéssitant l’emploi de nouveaux pesticides;
    quid au plan de la santé humaine,du devenir des
    exploitants individuels produisant sur de petites
    parcelles?
    quid de la surexploitation des sols en raison de
    l’augmentation du rendement à l’ha?
    Mes souvenirs de philosophie des sciences font
    revenir à la surface ceci « science sans conscience
    n’est que ruine de l’âme ».
    Oui à l’économie,oui à une meilleure répartition
    des richesses,des ressources, mais surtout pronons une agriculture réfléchie ,voyant au delà de la courte vue.

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