Un attentat contre la République

Je m’éloigne des matières premières et de la crise alimentaire. Ce blog est pour moi un espace de liberté et je m’autoriserai de temps à autre un « coup de gueule ». Voilà le premier.

Alors ça, il fallait le trouver ! Empêcher la présence de drapeaux autres que français dans les mairies à l’occasion des mariages ou des fêtes diverses ! Cette dernière proposition des députés de l’UMP vient s’ajouter à la sarabande de déclarations insensées venues des bancs de la droite. De ce maire d’une petite commune de 40 habitants pestant devant les caméras de la télévision contre « les dix millions qui vont nous bouffer et qu’on paie à rien foutre » à celles du ministre Estrosi estimant que ce débat, s’il avait eu lieu en 1939, aurait pu nous sauver de la débâcle, en passant par les mille et une autres allusions malsaines venues des dirigeants et porte paroles de l’UMP.

Et je n’oublie pas les déclarations et écrits du président de la République, qui a voulu ce débat. Il voulait cliver, marquer la frontière entre la droite et la gauche, ramener à lui les électeurs d’extrême droite qui s’éloignaient, refaire le coup de la campagne présidentielle quand il avait imaginé ce sinistre « ministère de l’immigration et de l’identité nationale ». Le voilà maintenant qui se pique d’analyser le sens du vote des électeurs suisses refusant la présence de minarets dans leurs montagnes. Et d’y trouver la voix du peuple, ce peuple qu’il faut écouter…

Tout ce que je vois dans cette volonté de débattre de « l’identité nationale »  c’est de la peur. La peur de l’autre, la peur de la différence, la peur du nouveau venu. Les élus de droite refuseraient-ils les drapeaux autres que tricolores s’ils avaient confiance en eux et dans ce pays, dans cette république. Le petit maire de Goussainville ferait-il ses déclarations sur l’envahisseur s’il n’était envahi par la crainte. Et Estrosi quel épouvantail agite-t-il quand il compare sans le dire la situation actuelle à celle des années 30 ?

Le premier à avoir peur, c’est Sarkozy. Derrière ses déclarations de matamore, il n’y a plus rien. Son « je peux parce que je veux » a fait la démonstration de ses limites. Il a beau prendre la pose lors de ses discours, jouer au gars qui en a dans le pantalon, poser sa main sur l’épaule des chefs d’état qu’il croise dans les sommets internationaux, Sarkozy est largué. Il n’a plus rien à proposer aux Français. Il s’est pris les pieds dans le tapis. Il se voulait libéral. Il a dû faire du Keynes pour  endiguer  la crise. L’identité politique de Sarkozy est brouillée. Il n’a pas de solution face aux défis économiques et sociaux qui menacent la cohésion nationale. Alors, maléfique, il sort de son chapeau la question de l’identité nationale. Comme si le pays devait cheminer du même pas bancal que ce président pris de court et qui nous prend de haut. Comme si les divisions sociales nées d’une politique économique dure aux pauvres et douce aux riches pouvaient être reléguées au second plan, derrière les invectives suscitées par l’illégitime questionnement de l’identité nationale.

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Une réponse à “Un attentat contre la République

  1. Bravo pour votre « coup de gueule ». Il faut oser dire tout haut ce que des millions de personnes murmurent tout bas.
    Le débat actuel n’est que diversion pour éviter de traiter de vrais problème: le pouvoir d’achat, chomage,insécurité,sur-endettement du pays, compétitivité de la France ….
    Le coup de gueule arrive à point nommé.
    Bravo JP continue…..

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