Un cargo de riz aux abonnés absents

Le commerce du riz n’est pas chose aisée. En témoigne la mésaventure que vit en ce moment une société néophyte dans ce genre d’activité. Il y a quelques mois, « Universal » une compagnie singapourienne, plutôt versée dans le frêt, a voulu tâter du commerce du riz. On peut la comprendre. En 2008, le prix du riz avait explosé et le même phénomène menace de se reproduire bientôt. Acheter bon marché, revendre cher, c’est le B-a-ba du métier de trader. Voilà donc nos commerçants singapouriens qui s’en vont quérir un peu de riz en Birmanie. Ils chargent 14 000 tonnes. Du riz de bonne qualité. Et vogue le cargo « Mv Stephanis » vers les côtes ouest-africaines. Vers où exactement ? Vers la Guinée-Conakry. Riant pays dirigé par un quarteron de demi-soldes avinés et qui se sont illustrés le 28 septembre dernier par un massacre de civils récemment qualifiés par l’ONU de « crime contre l’humanité ».

La Guinée-Conakry, c’est le chaos permanent. Quand le Mv Stéphanis accoste, le chargement est en principe acquis à quelques importateurs locaux. Mais ils ne sont pas au rendez-vous. Voilà donc nos commerçants singapouriens pris au piège. Ils se retrouvent avec 14 000 tonnes de riz à vendre, un cargo dont ils vont devoir payer l’affrètement bien plus longtemps que prévus et des banquiers qui ne vont pas tarder à réclamer le remboursement des sommes engagées. Voilà le riz à Freetown, en Sierra Leone. 5000 tonnes sont déchargées. Mais les acheteurs se plaignent. La qualité du riz s’est dégradée. Il a été mal entretenu, mal aéré. L’humidité a endommagé le chargement.

Retour à Conakry dans l’espoir que les premiers acheteurs prendront le riz. Mais c’est non : la qualité, le prix, le désordre dans le pays, tout concourt à perturber le cycle commercial. Pendant ce temps, entre Singapour et l’Afrique, ça parlemente. Voilà le cargo à Accra, au Ghana. Et là encore, problème. Cette fois-ci, c’est un pays normalement administré. Le gouvernement a entendu parler des problèmes du Mv Stephanis à Conakry et Freetown. Il ne veut pas de ce riz pour la population ghanéenne. Le cargo fait demi-tour. Pour où ? C’est un mystère ! Personne ne sait vers où est parti le Mv Stéphanis. Ce qui est sûr, cependant, c’est que les singapouriens de « Universal » ont quelques soucis.

Ainsi va le monde du riz. Si vous voulez quelques nouvelles histoires de ce genre, suivez-moi………

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2 réponses à “Un cargo de riz aux abonnés absents

  1. Intéressant et très agréable à lire. Quelle verve !

  2. le mv stephanis n’a t il pas eu une avarie moteur entre la birmanie et conakry ?

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