C’est fort de café !

Il fut un temps, déjà lointain, cela remonte à la période 1998-2005, où je chroniquais quotidiennement les matières premières sur les antennes de RFI. Un des grands classiques étaient alors de pleurer sur le sort des petits paysans producteurs de café. Du Kenya au Nicaragua, ils criaient famine. Les cours du café étaient terriblement bas. Chaque fois qu’ils allaient à la récolte, les paysans allaient à la ruine. Remplir un sac de cerises de café vidait leur bourse. Ils dépensaient plus à cultiver qu’ils ne gagnaient à vendre. Conséquence, on arrachait les pieds de café pour réduire la production. La logique semblait imparable : moins de café produit, moins d’offre pour une demande stable ; les prix ne pouvaient que monter.

Cinq ans plus tard, je ne comprends plus ! Je viens de jeter un oeil sur le dernier rapport de Nestor Osorio, le directeur général de l’Organisation Internationale du Café. Les niveaux de prix qu’on y trouve sont hallucinants par rapport aux années 90. La livre de café (c’est à peu près 450 grammes) est deux à trois fois plus chère qu’il y a dix ans. Et ce n’est pas parce que la production a baissé. Oh, certes, d’une année sur l’autre elle oscille un peu à la hausse, un peu à la baisse.

Mais sur la longue tendance, il y a beaucoup plus de café sur le marché mondial. On est aux alentours de 130 millions de sacs (60 kilos chacun), 20 millions de sacs de plus. C’est donc qu’on n’a pas arraché mais qu’on a planté et planté et que les rendements sont infiniment supérieurs à ce qu’ils étaient. Beaucoup de café et des prix à la hausse. Conclusion logique : la demande est très forte, très forte. On boit de plus en plus de café.

Il y a les efforts des pays producteurs. Depuis des années, ils cherchent à convaincre leurs populations de se gaver de café. « Consommons plus, exportons moins ». Au Brésil, N°1 mondial, la consommation per capita est en hausse de 20%. Au Vietnam, N°2 mondial, elle est de 40%.

Historiquement, la consommation de café a toujours été un excellent baromètre du développement d’un pays. Plus il s’enrichit, plus sa population passe de temps dans les bureaux ou dans les ateliers, plus on y boit de café. C’est ce qui se passe en Chine où la consommation de café a doublé au cours de la dernière décennie. Elle reste encore modeste mais à force d’augmenter, elle va finir par devenir significative.

Et puis, il y a ma propre consommation de café. J’étais caféinomane. Je le suis plus encore. Cela suffit pour faire exploser la consommation mondiale. On parie ?

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