Haïti, la reconstruction, les ONG

L’état dans lequel se trouve Port au Prince et d’autres villes du pays ne laisse pas le choix : l’aide humanitaire, l’aide à la reconstruction doivent venir de toutes parts. L’intervention américaine peut paraître choquante par le déploiement militaire qui l’accompagne. Mais l’ampleur des dégâts, s’ajoutant à l’inexistence des infrastructures routières et portuaires, avant même le séisme du 12 janvier, impose ce déploiement massif. On voit mal quelle autre force que le génie militaire pour installer des grues, des ponts, pour reconstruire, fut-ce provisoirement, le port de-Port-au Prince.

C’est dans le sillage de ce déploiement mécanique que les multiples associations et ONG qui travaillent en Haïti pourront apporter leur aide aux populations, une fois les premières urgences alimentaires et sanitaires réglées. Cependant, d’ici quelques semaines, quelques mois, on entendra de nouveau en Haïti les critiques contre l’intervention des ONG. Lors de mon dernier passage à Port au Prince, de nombreux responsables avaient manifesté leur irritation face à la présence d’innombrables organisations non gouvernementales dans le pays. Ils considéraient ces ONG non comme une aide à la construction d’un état digne de ce nom, mais comme un frein. Parce que l’aide internationale qui arrivait dans le pays transitait par ces canaux « étrangers », parce que la plupart du temps, les priorités de ces organisations étaient dictées par des considérations propres et par une politique élaborée par les pouvoirs publics haïtiens. Parce que la coordination entre ces associations étaient souvent inexistante et qu’elles étaient parfois même en concurrence. C’est en quelque sorte ce qu’expliquait l’ancienne Premier Ministre haïtien, Michelle Pierre-Louis, dans l’entretien accordé à divers médias français : « On ne veut pas que ceux qui viendront reconstruire le pays arrivent avec leurs gros sabots et n’en fassent qu’à leur tête » affirmait-elle.

Une fois passée la vague d’émotion légitime face au drame haïtien, les reconstructions primordiales effectuées, il sera du devoir des organisations internationales, intergouvernementales ou non, de laisser la direction des affaires au gouvernement haïtien, en lui donnant les moyens de mener cette politique à bien.  Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, Régis Debray suggérait qu’ Haïti devait devenir « pupille de l’humanité« . Soit. Mais une pupille libre de toute tutelle.

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Une réponse à “Haïti, la reconstruction, les ONG

  1. .Pourquoi ne pas avoir confié ce mandat à des gens qui parlent la langue de l’Haïtien plutôt que de confier cette tâche à des gens qui ne peuvent communiquer avec les «indigènes». Pourtant il y a près de «7» millions de Québécois qui parlent la langue de ces gens et plus de 60 millions de Français qui peuvent agir aussi biensinon mieux que les Étatsuniens qui organisent le monde dans le désordre le plus complet. Ce n’est pas parce qu’ils sont près , géographiquement de «Haïti»,qu’on doit confier ce mandat à Bill Clinton qui ne pourra comuniquer avec ces gens. Lorsque nous disons que les Anglo-saxons veulent voir disparaître l’influience du français dans l’espace américain et dans le monde, il n’y a pas de moyen plus efficace que celui de prendre toute la place dans tous les domaines de la vie des peuples.L’exemple d’Haïti» en est le parfait modèle

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