Et Jacobo Machover terrassa le Che Guevara

L’éditeur Robert Laffont vient de publier dans sa collection « Bouquins » une compilation des écrit d’Ernesto Che Guevara. C’est une somme ! 1100 pages qui se terminent par le « message à la Tricontinentale » rédigé par le révolutionnaire argentin peu avant de trouver la mort dans le maquis bolivien, en 1967. L’intérêt de cette publication réside bien sûr dans cette accumulation de textes que le grand public, averti ou non, pourra désormais consulter.

Mais l’intérêt de livre, plus encore, c’est le nom de l’intellectuel auquel l’éditeur a confié la préface et l’appareil critique. Il s’agit de l’universitaire Jacobo Machover dont la famille, cubaine, quitta La Havane en 1963, alors qu’il n’avait pas encore dix ans. Devenu adulte Machover a fait de l’étude de la révolution castriste et de ses dérives, l’un des principaux objets de ses travaux.

Dans un livre qui fit quelque bruit et lui valut quelques ennuis lors de sa parution il y a trois ans, « la face cachée du Che » aux éditions Buchet-Chastel, Machover démontait avec une argumentation des plus convaincantes l’image du révolutionnaire argentin. Non, affirmait-il, Ernesto Che Guevara n’était pas le beau médecin à l’allure romantique, le combattant de la liberté dépeint à satiété par le régime Castriste. Loin des portraits christiques qu’on retrouve sur les tee-shirts vendus dans le commerce, le Che était un Fouquier-Tinville. Un despote convaincu de la légitimité des procès expéditifs qu’il dirigeait, des exécutions sommaires auxquelles il se livrait sans pitié aucune. Un personnage au fond très peu sympathique et totalement manipulé par Fidel Castro.

C’est ce personnage que restitue Jacobo Machover dans la préface du gros volume de la collection Bouquins. Et  c’est là que réside sa victoire. L’éditeur Robert Laffont n’est pas allé chercher un thuriféraire du guevarisme pour diriger cette compilation. Il en a chargé l’auteur qui, seul contre tous ou presque, cherche à démolir l’image savamment entretenue du Che Guevara. Sur le front du combat historique, du combat des idées, Jacobo Machover vient de remporter une victoire.  Mais il a encore fort à faire s’il veut définitivement terrasser le Che Guevara.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s