Cyclope est chinois et il voit clair

Tous les ans, à la mi-mai, une espèce de gros pavé de plusieurs centaines de pages s’abat sur les malheureux journalistes qui s’occupent d’économie et de matières premières. C’est « Cyclope » la bible des matières premières dont l’auteur principal est l’historien et économiste Philippe Chalmin, le Pape des Matières Premières. Chapitre après chapitre, du cobalt au cacao en passant par le blé, le soja, le charbon, et on en passe, toutes les « commodité » toutes les matières premières sont passés au crible des spécialistes que Chalmin convie à à cet exercice annuel.

Systématiquement conviés dans les locaux, un rien désuets, de l’Automobile Club de France, place de la Concorde, les plumitifs ne repartent pas seulement avec le pavé annuel, pour 2010, il y a 8OO pages. Ils ont aussi droit à un sous-titrage signé Philippe Chalmin. Entouré de quelques uns des auteurs qui ont contribué à la somme de l’année, Chalmin ne lâche en général le micro qu’au bout de 45 minutes, le temps pour lui de confesser quelques erreurs dans les éditions passées et de passer en revue les principaux évènements des derniers mois.

Pour l’édition 2010, c’est évidemment la Chine qui tient la vedette. Non seulement parceque Cyclope sera pour la première fois traduit en Chinois mais aussi parce que comme d’habitude depuis quelques années, c’est la Chine qui anime les marchés des matières premières. A part le café et le cacao dont les Chinois ne sont pas gros consommateurs, tous les secteurs sont sous influence chinoise. Les aciéristes chinois ont même réussi à faire exploser en vol le vieux système de fixation des prix du minerai de fer. Les contrats annuels signés entre quelques quelques producteurs brésiliens et australiens et quelques consommateurs japonais et européens sont enterrés. Désormais, c’est du coup par coup. Même chez les charbonniers, on parle chinois. Parce que la Chine, grande productrice, en importe aussi. Inimaginable il y a quelques années !

Mais cela ne s’arrête pas là ! Il n’y a pas que les matières premières que la Chine tire vers le haut. C’est toute l’activité économique mondiale. Il y a150 ans, fait remarquer Philippe Chalmin, le sac du Palais d’été à Pékin marquait la disparition de la Chine des écrans mondiaux. En 1945, elle représentait à peine 3% de la richesse mondiale. Aujourd’hui, les quelques pour cent de croissance de l’économie globalisée ne sont qu’une moyenne entre le score à deux chiffres des Chinois et celui, piteux, des autres.

Les matières premières n’étaient considérées hier que comme une sous catégorie économique. On pourrait presque dire que l’économie n’est aujourd’hui qu’une sous-catégorie de l’univers des matières premières, dont Cyclope est le vigilant gardien.

Cyclope est publié aux Editions Economica

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