Quand la France court derrière l’Afrique

Le sommet de Nice où le président de la République Française, Nicolas Sarkozy, avait convié les chefs d’état de l’Afrique toute entière, y compris l’Afrique non francophone, avait quelque chose de pathétique. Croire et faire croire que la présence de toutes ces autorités africaines vaut confirmation de l’autorité française sur le continent africain. Rien n’est plus illusoire. La France a beau permettre au président gabonais, Ali Bongo, de s’offrir un hôtel particulier pour cent millions d’euros en plein Paris, comme l’a révélé récemment le Canard Enchaîné, l’hexagone n’a plus grand chose à offrir aux Africains. Tout au plus, grâce à son Conseil Constitutionnel, peut-il rendre justice aux anciens combattants injustement discriminés pendant des décennie.

Se rendre aux sommets Afrique/France, pour les Africains, c’est désormais un hommage au passé, une vieille habitude à laquelle on a du mal à renoncer, comme rendre visite à un grand-parent auquel on n’a plus grand chose à dire. L’Afrique n’a plus grand chose à attendre de la France. Quelques millions d’euros ici et là, des saupoudrages qui ne pèsent plus grand chose en comparaison des investissements milliardaires des Chinois. L’Afrique regarde donc beaucoup vers l’Est, mais aussi vers l’Ouest. Le Brésil est de plus en plus présent. Lula ne vient-il pas d’inaugurer une télévision brésilienne à vocation internationale dont le siège est à Maputo, au Mozambique ! C’est dire l’ambition brésilienne : établir durablement son influence dans la région.

La France endettée, empêtrée dans la tourmente de l’Euro, ne peut se lancer dans des projets aussi ambitieux. Tout juste cherche-t-elle à maintenir un peu de son aura et de ses positions passées. Elle a bien du mal. Même le Sénégal lui fait des misères, parlant de plus en plus à New Delhi et à Washington. Les entreprises françaises sentent bien le péril. Areva, Total, Bouygues, Bolloré, les grands noms de l’industrie française en Afrique, ne peuvent cacher que la concurrence est de plus en plus vive, de plus en plus féroce : avec les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les Sud-Africains et on en passe.

La vaine présence de nombreuses entreprises françaises au sommet de Nice témoigne de cette prise de conscience des milieux économiques hexagonaux. On ne les attend plus. Le parapluie politique français ne les protège plus. Ils sont logés à la même enseigne que les autres. Les  chefs d’entreprises français multiplient d’ailleurs les rencontres avec leurs homologues africains. Rouen, Bordeaux ont été ou seront  le théâtre de rencontres entre ces deux mondes. Comme si les Français devaient  séduire aujourd’hui ceux qu »ils dominaient hier.

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