G8 : le jour où le monde n’a pas basculé

Les chefs d’états et de gouvernements des huit pays les plus puissants de la planète se sont réunis au Canada. On appelle cela le G8. Pour quoi faire ? Rien.

De la confrontation de ces éminentes autorités, des semaines de préparation auxquelles se sont livrés leurs sherpas, ne sont sortis que quelques communiqués consacrés aux dossiers chauds du moment, Iran, Corée du Nord et la décision de consacrer quelques milliards de dollars à la santé des femmes et des nouveaux-nés des pays pauvres. Obama, Medvedev, Merkel, Cameron et les autres ont transformé ce conclave en pâle copie de ce que font à longueur d’année les ONG, les Organisations Internationales spécialisées (OMS, FAO) et les fondations de bienfaisance, comme celle de Bill Gates.

Pour compléter cette caricature d’action internationale, ils ont reçu quelques chefs d’états africains (Wade du Sénégal, Jonathan du Nigéria, Zuma d’Afrique du sud, Moubarak d’Egypte, Bouteflika d’Algérie, Mutharika du Malawi, le premier ministre Zenawi d’Ethiopie). Dans l’emploi du temps du sommet, un face à face avait été casé entre ces deux groupes de dirigeants. Il y avait les puissants et ceux réputés ne pas l’être. Comme une aumône aux Africains.

Les membres du G8 auraient gagné à se pencher sur un rapport publié à la mi-juin par l’OCDE : « Shifting wealth« . En français, le « basculement de la richesse« . Les experts de l’organisation économique y expliquent par A+ B  dans un passionnant document de 164 pages que la césure entre pays développés et pays en développement ne vaut plus, qu’elle n’est plus d’actualité. « L’ouverture des économies chinoises, indiennes et de l’ex-Union Soviétique a fait entrer  un milliard cinq cent millions de travailleurs supplémentaires dans le circuit des économies de marché. Cela a réduit le coût de toute une série de biens et de services et a permis le décollage d’un grand nombre de pays asiatiques. Ce décollage a amplifié la demande de matières premières, transférant la création de richesses vers les exportateurs de produits de base et générant une amplification immédiate du mouvement de croissance à travers l’Afrique, l’Amérique et le Moyen-Orient. »

Le face à face entre pays riches et pays pauvres est dépassé. Il y a des pays riches et d’autres qui sont en train de le devenir. La croissance de la Chine, celle de l’Inde ne sont pas prêtes de s’arrêter. Elles propagent sur tous les continents et en particulier dans les pays émergents une ondulation capitalistique qui les mène en droite ligne vers un mieux-être général.

Notre monde n’est plus seulement celui d’une multipolarité politique. Cette multipolarité est également économique. Faute de la prendre réellement en compte, les dirigeants du G8 se condamnent à l’impuissance et au ridicule, comme en ont offert un bon exemple les débats sur la dette et la relance entre Européens et Américains lors de ce sommet de Toronto. Le « basculement de la richesse » évoqué par les experts de l’OCDE doit amener un « basculement du monde ». L’an prochain, le sommet du G8 aura lieu à Nice, sous la houlette de Nicolas Sarkozy. Le monde basculera-t-il à Nice ?


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