Sarkozy, roi du blé

Après avoir bouté les Roms hors de France au prix de graves entorses à la tradition républicaine hexagonale, après avoir imposé à des syndicats rétifs une réforme des retraites dont ils ne veulent pas, après avoir instruit le contre-espionnage national d’enquêter sur les sources d’un journaliste du quotidien « Le Monde, après avoir suggéré l’introduction de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels (à quand le lynchage ?) Nicolas Sarkozy s’apprête à aller faire le matamore sur la place mondiale.

Sa nouvelle cible : les marchés des matières premières. Mesdames, Messieurs les exportateurs, les négociants, les producteurs, les importateurs, les spéculateurs, les financiers,  prenez garde ! Fort de l’image de toute puissance qu’il a de lui-même, le chef de l’état français s’est mis en tête de domestiquer le cours de la tonne de coton, de maïs, de riz, de blé, de soja et on en passe. Fin août, lors de la traditionnelle convocation des ambassadeurs au Ministère des Affaires Etrangères (ou à ce qui en reste), Nicolas Sarkozy a affirmé que l’un des trois objectifs qu’il assignait au monde à l’occasion de la présidence du G20 qui lui incombe pour six mois, était de mettre un terme à la spéculation effrénée sur les marchés des matières premières.

Les évènements servent la volonté de l’hyper-président. Les cours mondiaux s’emballent. Les consommateurs français vont prochainement subir une hausse du panier de la ménagère et de tout ce qui contient un tant soit peu de produits de base. C’est à dire……….tout.

Mais le dire, est-ce le faire ? Proclamer est-ce Pouvoir ? Nicolas Sarkozy en est convaincu. Une bonne communication masque toutes les impostures. En l’occurence, sa volonté d’endiguer la hausse des cours des produits agricoles n’est que cela : imposture, imagination folle, démagogie, orgueil démesuré. Les marchés organisés de matières premières existent depuis plus de 150 ans. On appelle cela des « marchés à terme ». Il y en a à Londres, New York, Chicago, Kansas City, Sao Paulo, Shanghai, Singapour, Tokyo, Paris.

Ces marchés sont des mécanismes destinés à protéger les intervenants. C’est une sorte d’assurance destinée à contrebalancer l’impact des fluctuations à la hausse ou à la baisse. Pour se faire, le vendeur de « physique » va se mettre en position « acheteur ». Il détient une position « acheteur » équivalente à ce qu’il va vendre trois ou six mois plus tard. Quand le terme est arrivé, la position est « débouclée ». Si les cours ont monté dans l’intervalle, le vendeur a gagné sur le « physique « et perdu sur la position « papier ». Et vice-versa si c’est un acheteur qui prend position. Tout cela contribue à « lisser » le marché.

Là ou cela déraille, c’est que ces marchés à terme sont de plus en plus souvent le théâtre d’interventions purement financières. Des fonds de pension viennent y investir, prennent des positions « acheteur » ou « vendeur » selon ce qu’ils croient savoir de l’évolution future du marché. Cela met de l’huile dans les rouages, facilite les échanges, mais ces investisseurs prennent souvent le pouvoir, amplifiant les hausses et les baisses au-delà de la simple oscillation légitime des cours du marché.

Tout Wall Street y concourt, toutes les banques d’investissement font avec et on voit mal comment en quelques mois, tout imbu de sa puissance qu’il soit, le chef de l’état français pourrait dompter ces puissances financières. Il est plus facile de bouter les Roms hors de France

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