Vargas Llosa, prix Nobel de littérature

Excellente nouvelle que l’attribution du Nobel de Littérature à Mario Vargas Llosa ! L’abondante prose de ce grand écrivain né à Lima il y a 74 ans est un régal. Sa technique d’écriture est très au point. C’est une espèce de tricotage. Un premier personnage puis un second puis un troisième et au quatrième chapitre, tout le monde s’est rencontré, l’intrigue s’est nouée, le lecteur est scotché. Autre charme de l’auteur, l’immense palette de thèmes abordés : de la vie dans les internats militaires péruviens (la ville et les chiens, 1966) à une critique en règle des dictatures (la fête au bouc 2002) en passant par une évocation de la vie politique brésilienne au XIXème siècle (la guerre de la fin du monde, 2002).

A travers ces travaux filtrent les grands thèmes de la pensée politique et philosophique de Mario Vargas Llosa : sa détestation du communisme et du castrisme qui lui valurent une célèbre dispute et une brouille durable avec Gabriel Garcia Marquez, sa critique en règle de tous les autoritarismes et son libéralisme à tout crin.

Ce libéralisme vaudra d’ailleurs à Mario Vargas Llosa une belle déculottée à l’élection présidentielle de 1990. A l’époque cet écrivain à la réputation mondiale, plus habitué à sillonner le monde que les bidonvilles de Lima, avait semblé à beaucoup un véritable extraterrestre. Pour preuve, l’identité de celui que les électeurs péruviens portèrent cette année-là à la présidence du pays : Alberto Fujimori. Mario Vargas Llosa devait narrer cette mauvaise expérience dans un livre « Un pez en el agua » des pages duquel on pouvait sans hésiter conclure que , grand écrivain, il était tout sauf un homme politique tant la naïveté de certains passages était hallucinante.

Prix Nobel de Littérature, Mario Vargas Llosa continuera à sillonner la planète, de Lima à Berlin, de Londres à Mexico, de Madrid à Bogota, en  passant par Paris ou vous aurez peut-être la chance de le croiser dans les salles de cinéma d’art et d’essai qu’il fréquente, au Quartier Latin.

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Une réponse à “Vargas Llosa, prix Nobel de littérature

  1. Oui, oublions l’homme infatué de lui-même et le politique aux oeillères (n’y a-t-il pas eu non plus cette histoire de conférences financées par Moon?), pour ne retenir que l’écrivain à lire ou relire.

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