Quand les ONG suisses saluent « le dernier carré de chocolat »

Alliance Sud, coordination de plusieurs ONG helvétiques, consacre tout un dossier au film « le dernier carré de chocolat. Ce dossier à visée pédagogique peut être consulté ici. Je ne résiste cependant pas au plaisir de vous donner immédiatement à lire le commentaire, assez pertinent me semble-t-il, qui est consacré au film.

« La succession de séquences assez courtes a permis aux auteurs de réaliser un documentaire riche et varié. Une très large place est accordée aux témoignages, ce qui le rend particulièrement vivant. Un soin particulier a également été accordé à l’esthétique… Du défilé « chocolat » aux scènes tournées parmi les planteurs en passant par quelques vues urbaines, les images sont belles.

Très brève, l’introduction géopolitique donne en quelques minutes un bon aperçu des interdépendances liées à la production d’une matière première telle que le cacao. Que peut-il bien se cacher derrière le discours public du président Obama affirmant son soutien au président contesté Alassane Ouattara ? Belle démarche apparemment solidaire et démocratique, qui aura pour effet la levée de l’embargo sur l’exportation du cacao… Les géants du chocolat sont rassurés… mais la situation des petits producteurs reste figée.

La filière du chocolat est abordée avec finesse et, on le ressent, obstination. Si les planteurs et les pisteurs témoignent dans une apparente liberté, les portes se ferment lorsque l’on atteint les maillons supérieurs. La froideur avec laquelle les courtiers abordent la question interpelle. On se retrouve très loin, ici, des aspirations des paysans de Soubré, ou d’autres contrées productrices : trouver un sens au travail fourni, en assurer la pérennité, en vivre, décemment.

Ainsi que le soulignent les auteurs, le prix de la fève est fixé par la loi du marché, et non par les besoins des cultivateurs. Les conflits et tensions qui en découlent sont abordés à travers des témoignages croisés d’acteurs émanant de milieux divers : le président de l’association nationale des producteurs de cacao en Côte d’Ivoire, un économiste du CIRAD mais aussi un courtier spéculateur de la bourse londonienne et un négociant fort présent sur ce marché. Pas de position tranchée donc, pas de jugement. Au spectateur de se positionner, tout comme dans l’ensemble du reportage.

La dernière partie du documentaire pose des questions essentielles. Comment pallier les difficultés rencontrées dans la culture du cacao ? Comment répondre à la fois aux besoins des cultivateurs et des consommateurs ? A nouveau, sans parti pris, l’investigation de Jean Crépu et Jean Pierre Boris permet d’entrouvrir des portes… « 

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