Commerce équitable, conversation avec Marc Dufumier

Il y a un peu plus d’un mois le NOUVEL OBSERVATEUR a publié dans un de ses suppléments une interview de ma pomme au sujet du commerce équitable. Le grand agronome Marc Dufumier pour lequel j’ai beaucoup de respect répond à mes propos. J’ai fait un copié-collé de ce courrier des lecteurs de l’Obs. Pour l’instant, je n’ai pas le texte de mon interview. Je le le glisserai ici dès que je l’aurai récupéré. Mais la synthèse que Marc Dufumier fait de mes propos est parfaitement fidèle et honnête.

L’aventure équitable, par Marc Dufumier

J’ai lu avec la plus grande attention l’interview de Jean-Pierre Boris (dont j’apprécie généralement les ouvrages sur les matières premières), intitulé « Commerce pas si équitable » et publié dans votre numéro hors-série du 2 au 12 mars 2014. Tout en refusant d’aller jusqu’à dire qu’il ne faudrait plus acheter équitable, Monsieur J-P Boris qualifie le commerce équitable de « commerce bien-pensant » qui « ne supprime pas la misère » et « ne change pas le système ».

Il me paraît très juste en effet de souligner que le commerce équitable ne porte que sur des volumes extrêmement réduits (« des gouttes d’eau dans un océan ») et que le commerce mondial ne pourra devenir plus équitable que lorsque les règles définies à l’OMC et lors de négociations internationales auront changé radicalement et cesseront de soumettre les paysanneries pauvres du Sud équipées d’outils exclusivement manuels à la concurrence de nos surplus agricoles issus d’une agriculture exagérément moto-mécanisée et subventionnée. C’est d’abord une question politique.

Mais il n’en reste pas moins qu’en achetant des produits issus du commerce équitable, le consommateur européen parvient à soutenir les petits producteurs du Sud à qui on garantit l’achat des produits agricoles et artisanaux  à un prix minimum garanti, tout en leur accordant une prime de développement à leurs associations ou coopératives. Et les nombreuses évaluations réalisées par des organismes indépendants (bureaux d’études indépendants ou équipes de chercheurs universitaires) confirment que du fait de ses nombreux effets induits, cela peut changer la dynamique de développement dans les régions concernées. Une belle démonstration du fait que l’accès à des prix rémunérateurs et stables peut réellement contribuer à sortir les paysanneries de leur pauvreté : une raison de plus pour plaider leur droit à se protéger de nos excédents.

Et j’invite les lecteurs du Nouvel Observateur à en discuter plus concrètement avec nous lors des événements organisés lors de la prochaine Quinzaine du Commerce Équitable du 3 au 18 mai prochains.

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